Fin du RTC et des lignes analogiques : calendrier, impacts et migration vers l'IP
Le réseau téléphonique commuté (RTC) disparaît progressivement au profit des technologies IP. Entre calendrier de fermeture par lots, impacts sur les entreprises, fin des lignes analogiques et migration vers la VoIP, analyse complète pour comprendre et anticiper cette transition.
Pendant plus de quarante ans, le réseau téléphonique commuté, plus connu sous l’acronyme RTC, a constitué le socle de la téléphonie fixe en France. Il a accompagné l’essor des entreprises, structuré les usages téléphoniques et assuré une continuité remarquable, y compris dans les environnements les plus exigeants. Ce réseau semblait indéboulonnable. Il ne l’était pas.
Sa retraite, enclenchée dès 2018 avec l’arrêt des ouvertures de lignes, s’est accélérée depuis. Fin du Numéris en 2019, premières coupures techniques en 2023, et depuis le 31 janvier 2026, plus aucun opérateur ne peut commercialiser de nouvelle offre cuivre sur le territoire métropolitain, qu’il s’agisse de RTC, d’ADSL, de SDSL ou de VDSL. Le mouvement est désormais irréversible, et l’extinction complète du réseau cuivre est programmée pour fin 2030.
Cette page fait le point sur ce qu’est le RTC, les dates précises de fermeture par lots, les raisons de cette disparition, les équipements concernés au-delà du simple téléphone, et les trajectoires de migration vers l’IP qui s’offrent aux entreprises encore dépendantes du cuivre.
Qu’est-ce que le RTC et qu’est-ce qu’une ligne analogique ?
Le RTC, ou Réseau Téléphonique Commuté, désigne le réseau historique de téléphonie fixe qui transportait la voix sur des paires de cuivre grâce à la commutation de circuits. Chaque appel mobilisait un chemin physique dédié entre l’appelant et l’appelé pendant toute la durée de la conversation. Tant que ce circuit existait, la voix passait sans partage de bande passante avec d’autres usages. C’est ce modèle, un circuit par appel adossé au cuivre et à des équipements de commutation dédiés, qui distingue fondamentalement le RTC des réseaux IP modernes, où la voix est numérisée et transportée sous forme de paquets comme n’importe quel flux de données.
Le réseau RTC français s’appuyait sur une infrastructure considérable composée d’environ 350 commutateurs d’abonnés, 79 commutateurs de transit et 28 000 NRA (Nœuds de Raccordement d’Abonnés) répartis sur tout le territoire. C’est cette mécanique lourde, rigide et fondée sur des composants qui ne sont plus fabriqués nulle part dans le monde, qui rend aujourd’hui son maintien impossible à un coût raisonnable.
Ligne analogique, ligne numérique, ligne IP
La confusion est fréquente entre ces trois termes, et beaucoup de personnes cherchent à comprendre ce qu’est une ligne analogique sans forcément connaître l’acronyme RTC.
Une ligne analogique convertit la voix en un signal électrique continu, transporté tel quel sur la paire de cuivre. On la reconnaît facilement dans un logement ou un bureau par un signe très concret : le téléphone est branché directement sur une prise murale en forme de T inversé, sans passer par une box Internet. C’est le critère le plus fiable pour savoir si un site est encore dépendant du RTC.
Une ligne numérique de type Numéris (RNIS) fonctionne elle aussi sur le cuivre, mais convertit la voix en une suite de 0 et de 1 avant de la transmettre. Elle permettait notamment de transporter deux communications simultanées sur un accès T0, ou trente sur un accès T2. Le Numéris a cessé d’être commercialisé en novembre 2019 et suit le même calendrier d’extinction que le RTC analogique.
Une ligne IP, à l’inverse, fait transiter la voix sous forme de paquets de données sur un réseau Internet, exactement comme un email ou une vidéo. C’est le modèle vers lequel toute la téléphonie française bascule aujourd’hui.
RTC en informatique : un homonyme à ne pas confondre
L’acronyme RTC désigne aussi en informatique le “Real-Time Clock”, l’horloge temps réel intégrée aux cartes mères des ordinateurs, ou parfois le “Real-Time Communication” dans le contexte du WebRTC. Si vous êtes arrivé sur cette page en cherchant “rtc informatique”, sachez que l’article traite exclusivement du Réseau Téléphonique Commuté, c’est-à-dire du réseau de téléphonie fixe historique.

Mais quand exactement les lignes seront-elles coupées, et dans quelle zone ?
Calendrier complet de fermeture du RTC et du réseau cuivre
La fermeture du RTC suit un double mouvement, l’un commercial et l’autre technique, orchestré par Orange sous le contrôle de l’Arcep. La fermeture commerciale signifie qu’on ne peut plus souscrire de nouvelle ligne. La fermeture technique, elle, éteint physiquement les lignes existantes par zones géographiques appelées “plaques” ou “lots”.
Le tableau ci-dessous récapitule l’ensemble des étapes, de 2018 à l’extinction totale prévue fin 2030.
| Date | Phase | Événement | Détails |
|---|---|---|---|
| 15/11/2018 | Commerciale | Fin de commercialisation des lignes RTC analogiques (métropole) | Arrêt des nouvelles souscriptions pour particuliers et entreprises |
| 15/11/2019 | Commerciale | Fin de commercialisation des lignes Numéris/RNIS (métropole) | Arrêt des accès T0 et T2 en métropole |
| 15/11/2020 | Commerciale | Fin de commercialisation des lignes RTC analogiques (DOM) | Extension de l’arrêt aux départements d’outre-mer |
| 15/10/2021 | Technique | Expérimentation sur 7 communes pilotes | Test de fermeture dans 2 départements |
| 15/11/2021 | Commerciale | Fin de commercialisation des lignes Numéris (DOM) | Arrêt définitif des nouvelles lignes numériques outre-mer |
| 15/10/2023 | Technique | Lot 1 RTC | 1 257 communes dans 7 départements dont la Charente-Maritime (238), la Haute-Garonne (189), la Haute-Loire (157), le Morbihan (151), le Nord (311), la Seine-et-Marne (112) et la Vendée (79) |
| 15/10/2024 | Technique | Lot 2 RTC | 1 190 communes dans 8 départements dont l’Aube, le Gard, la Loire, l’Oise, le Puy-de-Dôme, le Haut-Rhin, le Vaucluse et les Hauts-de-Seine |
| 31/01/2025 | Technique | Lot 1 cuivre | Premières fermetures techniques du plan cuivre (162 communes, environ 209 000 locaux) |
| 01/04/2025 | Technique | Expérimentation Zone Très Dense (ZTD) | Vanves et Rennes centre, environ 33 000 locaux |
| 27/01/2026 | Technique | Lot 2 cuivre | 829 communes, environ 2,5 millions de locaux |
| 31/01/2026 | Commerciale | Fermeture commerciale nationale | Arrêt définitif de toute commercialisation d’offres cuivre (RTC, ADSL, SDSL, VDSL) par tous les opérateurs |
| 31/01/2027 | Technique | Lot 3 | 2 145 communes, environ 3,8 millions de locaux, soit 15 % du parc total |
| 31/01/2028 | Technique | Lot 4 (sous-lot 4.1) | 6 849 communes (premier sous-lot) |
| 31/05/2028 | Technique | Lot 4 (sous-lot 4.2) | Suite du lot 4 |
| 31/10/2028 | Technique | Lot 4 (sous-lot 4.3) | Fin du lot 4, environ 8,2 millions de locaux au total, soit 50 % du réseau cuivre fermé |
| Nov. 2028 | Technique | Lot 5 | Environ 10,5 millions de locaux supplémentaires |
| Nov. 2029 | Technique | Lot 6 | Environ 10,5 millions de locaux, 75 % du réseau cuivre fermé |
| Nov. 2030 | Technique | Lot 7 | Environ 10,5 millions de locaux restants, 100 % du réseau cuivre éteint |
Sources : calendrier officiel Orange All-IP, Arcep, FFT.
Chaque lot fonctionne comme un couperet. À la date de fermeture technique d’une plaque, toutes les lignes RTC de la zone sont coupées simultanément, qu’elles soient utilisées ou non. Il serait techniquement impossible pour Orange de maintenir le cuivre actif de manière isolée sur certaines portions du territoire tout en démantelant le reste. Les fermetures sont donc coordonnées, irréversibles, et ne laissent aucune marge de manœuvre aux retardataires.
Pour vérifier si votre commune est concernée et à quelle échéance, le module de recherche du site treshautdebit.gouv.fr permet de saisir un code postal et d’obtenir la date de fermeture prévue.
Ce calendrier serré pose naturellement la question suivante. Qu’est-ce qui a conduit à abandonner un réseau qui a fonctionné pendant quatre décennies ?
Pourquoi le RTC disparaît
La disparition du RTC ne résulte pas d’une décision arbitraire. Elle répond à une convergence de facteurs techniques, industriels et économiques qui se sont accumulés sur plus d’une décennie.
Un matériel devenu irremplaçable
Les commutateurs qui servaient à établir les circuits d’appel ne sont plus fabriqués. Les cartes électroniques compatibles ne sortent plus d’usine depuis plus de dix ans, et les pièces encore disponibles proviennent pour l’essentiel de stocks reconditionnés. Chaque panne sur le réseau impose des interventions parfois improvisées, souvent coûteuses, et de plus en plus difficiles à mener faute de compétences et de pièces détachées. Le réseau RTC est devenu un patrimoine technique figé, impossible à renouveler.
Un cuivre fragilisé par soixante ans de service
Le support physique du RTC souffre lui aussi du poids des années. En six décennies, le réseau cuivre s’est densifié, subdivisé et étendu jusque dans les zones les plus isolées du territoire. Une grande partie de ces câbles n’a jamais été conçue pour supporter l’ère numérique. Ils vieillissent, absorbent l’humidité, s’oxydent et se fragilisent. L’effort nécessaire pour maintenir cette infrastructure en état de fonctionnement dépasse aujourd’hui les moyens raisonnables d’un opérateur national.
Des usages qui ont changé d’époque
La téléphonie n’est plus un service isolé, coupé du reste du système d’information. Les entreprises utilisent des outils collaboratifs, des softphones, des applications métier et des solutions comme la téléphonie sur IP intégrées dans leurs flux de travail quotidiens. La voix elle-même n’est plus un signal analogique acheminé sur une ligne dédiée. Elle est devenue un flux numérique qui circule au même titre que la vidéo, les données ou les applications cloud. Le réseau cuivre ne sait pas transporter autre chose que de l’analogique, et ne peut être ni supervisé, ni priorisé, ni intégré à une architecture moderne.
Une logique économique inévitable
Maintenir deux réseaux en parallèle, l’un analogique et l’autre numérique, n’a plus de sens. Les investissements se concentrent désormais sur la fibre, devenue le socle de toutes les nouvelles infrastructures. Les offres professionnelles, qu’il s’agisse de FTTH Pro ou de fibre dédiée FTTO, répondent aux besoins actuels en termes de disponibilité, de latence et de capacité. La fermeture du RTC marque la fin d’un cycle industriel et l’entrée dans un modèle où la communication devient une composante à part entière du réseau de l’entreprise, et non plus un service à part porté par une infrastructure vieillissante.
Ces raisons techniques et économiques expliquent le calendrier. Mais pour les entreprises, la question la plus urgente n’est pas “pourquoi” le RTC s’arrête. C’est “qu’est-ce qui va cesser de fonctionner chez moi le jour de la coupure”.
La fermeture par plaques : un effet couperet pour les entreprises
Les équipements concernés au-delà de la téléphonie classique
L’extinction du RTC ne touche pas uniquement les postes téléphoniques de bureau. De nombreux équipements professionnels critiques dépendent encore d’une ligne analogique, et c’est souvent là que les entreprises se font surprendre.
Les systèmes de sécurité sont en première ligne. Les téléalarmes, dispositifs de télésurveillance et lignes d’urgence d’ascenseurs fonctionnent fréquemment sur le RTC. La réglementation impose aux ascenseurs de disposer d’un système d’appel d’urgence relié à un centre de surveillance, et dans de très nombreuses copropriétés et immeubles de bureaux, ce lien passe encore par une ligne analogique. Sa coupure entraîne une non-conformité immédiate. Des constructeurs proposent désormais des solutions IoT sur réseau data, avec des cartes SIM intégrées, mais la migration doit être planifiée.
Les équipements métier sont également concernés. Les fax professionnels, toujours utilisés dans les secteurs juridique, médical et bancaire, fonctionnent sur le cuivre. Les terminaux de paiement (TPE) raccordés en analogique perdent leur capacité de transaction dès la coupure, même si des alternatives IP ou GPRS existent sur le marché depuis plusieurs années. Les machines à affranchir et les badgeuses sont dans la même situation.
Les automates industriels, systèmes de télémaintenance, solutions médicales connectées, pointeuses et systèmes de remontée technique forment une dernière catégorie souvent oubliée lors des inventaires. Tous ces dispositifs cessent de fonctionner dès que la ligne analogique qui les porte disparaît, et leur remplacement peut exiger des délais d’approvisionnement ou d’intégration incompatibles avec une migration de dernière minute.
Pour les systèmes d’alarme en particulier, le tableau ci-dessous résume les alternatives disponibles selon le mode de connexion.
| Alarme sur RTC | Alarme sur IP | Alarme sur GSM | |
|---|---|---|---|
| Connexion requise | Ligne téléphonique fixe analogique | Connexion Internet | Ligne téléphonique mobile |
| Type d’alerte | Messages vocaux | Email ou notification applicative | SMS ou messages vocaux |
| Avantages | Indépendance électrique, coût historiquement faible | Compatibilité avec toutes les box, intégration domotique | Fiabilité, indépendance vis-à-vis du réseau fixe |

L’audit préventif, un passage obligé
La fermeture du RTC impose à chaque entreprise de réaliser un inventaire exhaustif de ses dépendances au réseau cuivre. L’erreur la plus fréquente consiste à penser que la migration est terminée parce que les postes téléphoniques des collaborateurs fonctionnent déjà en IP. Or une ligne analogique oubliée, parfois installée il y a quinze ans, peut encore piloter un automate de sécurité, un fax ou un terminal de paiement dans un local technique que personne ne visite.
Ce travail d’audit doit couvrir l’ensemble des sites, recenser chaque ligne cuivre active, identifier l’usage qui lui est associé et évaluer la criticité d’une coupure. Plus cet inventaire est mené tôt, plus les options de migration restent ouvertes et les coûts maîtrisés. C’est souvent à l’approche immédiate d’une fermeture de plaque que ces dépendances oubliées resurgissent, laissant peu de temps pour organiser une bascule sereine.
Une fois l’inventaire réalisé, la question suivante porte sur le choix du chemin de migration. Deux approches coexistent, et elles ne répondent pas aux mêmes logiques.
De l’analogique à l’IP : deux trajectoires de migration
Passer du RTC à l’IP ne se résume pas à remplacer une ligne par une autre. C’est un changement d’architecture qui peut toutefois s’opérer de manière progressive en fonction de l’existant et des usages. Deux trajectoires coexistent, et le choix entre les deux dépend de la maturité de l’infrastructure en place.
Prolonger l’existant avec des passerelles IP
Dans de nombreuses entreprises, le système de téléphonie interne reste fonctionnel. Le PABX est en place, le plan de numérotation est maîtrisé, les usages sont stabilisés. La fin du RTC n’impose pas forcément de remplacer le cœur du système dans ce cas de figure.
La migration peut s’effectuer en remplaçant l’accès RTC ou RNIS par une passerelle IP capable de convertir les appels analogiques ou numériques en flux SIP. Ces équipements, qu’on désigne par IAD (Integrated Access Device) ou adaptateur ATA (Analog Telephone Adapter) selon les configurations, assurent l’interface entre le réseau IP et l’infrastructure existante. Un ATA se présente sous la forme d’un petit boîtier qui se branche d’un côté sur le réseau Internet et de l’autre sur le téléphone analogique ou le fax existant. Les passerelles IAD, plus dimensionnées, peuvent gérer plusieurs communications simultanées et remplacer un accès RNIS complet raccordé à un PABX.
Cette approche permet de conserver le PABX existant tout en supprimant la dépendance au cuivre, de limiter les investissements immédiats, et d’assurer la continuité de services spécifiques comme le fax en IP ou certaines lignes techniques. Elle répond efficacement à l’urgence liée à la fermeture du RTC. Elle s’inscrit toutefois dans une logique de transition plus que de transformation, car elle ne permet pas d’exploiter pleinement les capacités d’une téléphonie nativement IP en matière de mobilité avancée, d’intégration applicative ou de supervision étendue.
Refondre la téléphonie autour d’un IPBX
L’autre voie consiste à changer de logique, pas seulement de liaison. Avec un IPBX, la téléphonie devient entièrement IP. La signalisation, le transport des appels et les services associés reposent directement sur le réseau data de l’entreprise ou sur une plateforme cloud.
Dans cette architecture, les appels sortent via un trunk SIP, les postes peuvent être physiques, logiciels (softphones) ou mobiles, et la téléphonie s’intègre nativement aux outils collaboratifs et aux applications métier. L’IPBX ouvre la voie à des usages impossibles avec le RTC, notamment grâce à une téléphonie fixe professionnelle pensée pour le monde numérique. C’est une architecture qui tient dans la durée, en phase avec la disparition du cuivre et la généralisation des réseaux IP.
L’intégration au réseau data de l’entreprise
Quel que soit le chemin retenu, la voix rejoint le réseau data de l’entreprise. Elle n’est plus portée par un circuit réservé mais par la même infrastructure que les autres services numériques. Cette convergence impose de penser la cohérence d’ensemble. La qualité des switches, la segmentation LAN dédiée à la voix, la supervision et la priorisation des flux deviennent des sujets à traiter avant la bascule, pas après.
Latence, gigue ou saturation ne se traduisent plus par une “ligne qui grésille” mais par une dégradation mesurable et perceptible de la communication. La téléphonie IP exige un réseau dimensionné pour supporter des usages temps réel. Bien maîtrisée, cette intégration permet au contraire de piloter la voix comme un service critique, avec des mécanismes de contrôle, de continuité et de supervision qui n’existaient tout simplement pas dans le monde analogique. Le choix de son opérateur téléphonique prend alors une importance décisive.
Choisir la bonne trajectoire selon son contexte
Entre passerelles IP et IPBX, il n’existe pas de réponse universelle. Certaines entreprises privilégient une transition progressive pour sécuriser l’existant. D’autres profitent de la fin du RTC pour moderniser en profondeur leur architecture de communication et repenser leur standard téléphonique.
Sur les sites de petite taille, notamment ceux qui comptent moins de dix postes, une solution de téléphonie hébergée (Centrex IP) sera souvent plus pertinente économiquement qu’un trunk SIP raccordé à un PABX vieillissant. Sur les sites plus importants disposant d’un PABX encore fonctionnel, le trunk SIP permet de franchir le cap réglementaire sans bouleverser l’installation. L’enjeu dépasse le simple remplacement d’une technologie. La fin du RTC agit comme un déclencheur, mais la valeur réelle se crée dans la manière dont l’IP est intégrée au système d’information de l’entreprise.
De la disparition du cuivre à l’adoption de la fibre
À mesure que les lots de fermeture s’enchaînent, le cuivre disparaît au profit de la fibre optique. Le réseau IP qui remplace le cuivre doit désormais transporter simultanément la voix, les données métier, les outils collaboratifs, les applications cloud et les systèmes de visioconférence. Dans certaines zones, l’arrêt du cuivre signifie également la fin de l’ADSL, ce qui impose de migrer l’accès Internet lui-même vers une offre fibre, qu’elle soit FTTH professionnel ou FTTO en fibre dédiée.
Les entreprises doivent vérifier dès maintenant que leur accès Internet repose sur une infrastructure pérenne, dimensionnée pour supporter des usages critiques dont la téléphonie IP. Un accès ADSL raccordé au cuivre ne survivra pas à la fermeture de la plaque. La migration vers la fibre doit donc être planifiée en parallèle de la migration téléphonique, et non traitée comme un sujet séparé.
Fin 2025, 95 % des locaux en France étaient raccordables à la fibre selon les chiffres du gouvernement. Les communes situées dans des zones où le raccordement fibre n’est pas encore finalisé doivent faire l’objet d’une attention particulière, car l’arrêt du cuivre sans alternative fibre en place crée un risque de rupture de service.
L’extinction du RTC n’est pas un simple arrêt de service. C’est la conséquence d’une transformation nationale qui fait basculer l’ensemble des communications, de l’infrastructure construite autour de la commutation de circuits vers un modèle orienté paquets IP. Pour les entreprises qui anticipent, cette transition est aussi l’occasion de simplifier leur infrastructure, de réduire leurs coûts récurrents et d’accéder à des fonctionnalités de communication que le RTC n’a jamais été capable d’offrir.
La FAQ du RTC
Qu’est-ce que le RTC ?
Le RTC, ou Réseau Téléphonique Commuté, est le réseau historique de téléphonie fixe reposant sur le cuivre et la commutation de circuits, conçu pour transporter la voix en signal analogique. La signification de l’acronyme RTC est donc “Réseau Téléphonique Commuté”.
Comment savoir si j’ai encore une ligne analogique ?
Si un téléphone est branché directement sur une prise murale en forme de T inversé, sans passer par une box Internet, il s’agit d’une ligne analogique RTC. C’est aussi le cas de tout équipement (fax, alarme, TPE, ascenseur) raccordé à ce type de prise.
Pourquoi le RTC disparaît-il ?
Le RTC s’arrête parce que ses équipements ne sont plus fabriqués, le réseau cuivre vieillit et les usages ont basculé vers des communications numériques. Maintenir un réseau analogique dédié en parallèle de la fibre n’est plus viable économiquement.
Comment se déroule la fermeture du RTC ?
La fermeture combine une fin de commercialisation (plus aucune nouvelle ligne depuis 2018-2019, plus aucune offre cuivre depuis janvier 2026) et une extinction technique par lots géographiques. À la date d’arrêt d’un lot, les lignes RTC de toutes les communes concernées cessent de fonctionner.
Quels équipements sont concernés au-delà des téléphones ?
Les fax, terminaux de paiement bancaire, téléalarmes, systèmes de télésurveillance, lignes d’urgence d’ascenseurs, machines à affranchir, badgeuses, pointeuses, automates industriels et solutions de télémaintenance raccordés à une ligne analogique sont tous concernés.
Quelle est l’alternative au RTC pour une entreprise ?
L’alternative consiste à basculer vers une téléphonie IP. Selon l’existant, cela passe par un trunk SIP pour conserver un PABX, un adaptateur ATA/IAD pour convertir des équipements analogiques, ou une migration complète vers un IPBX ou une solution de téléphonie hébergée (Centrex IP).
Que signifie RTC en informatique ?
En informatique, RTC peut désigner le “Real-Time Clock” (horloge temps réel d’un ordinateur) ou “Real-Time Communication” (dans le contexte du WebRTC). Ce sont des homonymes sans rapport avec le Réseau Téléphonique Commuté traité dans cet article.